Solidarités

Informations moustique tigre

publié le : 05/10/16

Le Bas-Rhin fait partie des 30 départements français colonisés par le moustique tigre. Le plan de lutte comprend une surveillance particulière des communes colonisées (Schiltigheim, Bischheim, Strasbourg-Neudorf) afin d’éviter la prolifération de l’espèce. La lutte contre les moustiques est une mission de service public strictement encadrée par la législation et dont l’organisation et le financement relèvent de la compétence des Départements. Pour éviter son développement dans notre environnement, il est important de bien le connaitre et d’adopter les bons gestes.

Retrouvez à la fin de l’article :
  • la plaquette créée par le Département pour tout savoir sur le moustique tigre
  • une check-list pour cocher vos principales actions à la maison afin d'éviter la prolifération de l'espèce
  • le dossier de presse sur le plan de lutte contre le moustique-tigre dans le Bas-Rhin.
Vous pouvez signaler la présence de moustique tigre via le site : www.signalement-moustique.fr

Environnement du moustique tigre

Quelle est l’origine du moustique tigre ?
Venu d’Asie du sud-est, son habitat d’origine est le creux des arbres : milieu sombre, chaud et retenant de l’eau. On le trouve également dans des plantes de type bambous ou broméliacées en Amérique du Sud.

Comment ce moustique est-il arrivé en France ?
Les œufs ont été disséminés dans le monde entier. Rien ne ressemble plus à un creux d’arbre qu’un pneumatique : le commerce international des pneus a facilité son expansion.

Depuis quand le moustique tigre est-il en France ?

Détecté à Menton en 2004, en provenance d’Italie, il a lentement progressé, couvrant le sud-est et le sud-ouest de la France. Le moustique tigre est désormais implanté depuis 2015 dans 30 départements de la métropole dont le Bas-Rhin.

Quel est le milieu préféré de ce moustique ?
C’est un moustique essentiellement urbain. Il affectionne particulièrement les lieux habités par l’homme. En effet, l’être humain génère par son mode de vie de nombreux gîtes pouvant abriter les larves. 80% des gîtes larvaires se trouvent dans et autour des domiciles, en particulier dans les jardins, les cours, les terrasses,..

Comment s’est-il adapté à nos conditions climatiques ?
La particularité de cette espèce est de pouvoir hiverner au stade de l’œuf, qui est insensible au froid. Les œufs pondus en fin de saison sont programmés biologiquement pour n’éclore qu’au printemps suivant. L’éclosion est alors déclenchée par l’allongement de la durée des jours.

Comment ce moustique se déplace­-t­-il ?
Petit et volant mal, ce moustique utilise principalement le transport passif. Suivant les êtres humains dans leurs déplacements (voiture, train, bateau, avion), il sort des véhicules et colonise ainsi les milieux de proche en proche. Sa capacité à se déplacer par lui-même est faible.

Avant, on n’avait pas de moustiques en milieu urbain : maintenant, on se fait piquer. Pourquoi ?
Le Syndicat de Lutte contre les Moustiques (SLM 67) organise depuis les années 80 des campagnes de lutte biologique contre les moustiques qui se développent dans les zones humides, essentiellement dans la bande rhénane et dans le Ried.

De nouvelles espèces de moustiques qui arrivent dans la région, comme le moustique tigre, s’installent principalement en milieu urbain et peuvent provoquer une nuisance importante. Ainsi, des piqûres de moustiques peuvent être ressenties, y compris dans des territoires où, jusqu’alors, ce type de problème ne s’était pas posé.

On se fait piquer mais on ne les voit pas, ces moustiques tigres…
Le moustique tigre est sensiblement plus petit que les moustiques locaux et plus discret dans sa façon de voler. Sa taille est inférieure à une pièce d’un centime d’euro. Il a tendance à piquer le bas des jambes, en journée.

Où va se développer la larve de moustique ?
Dans tout récipient, quel que soit la dimension, plutôt sombre et contenant des eaux stagnantes.

Si on n’a pas d’eau stagnante et pas d’eau sale, on n’aura pas de moustiques tigres ?
Attention, l’eau stagnante n’est pas forcément de l’eau sale! Une eau claire qui stagne plus de 5 jours permettra également le développement de larves de moustique tigre.

Existe-t-il des traitements insecticides préventifs en début de saison ?

Non : la meilleure prévention est de supprimer les eaux stagnantes en enlevant tout récipient susceptible de retenir les eaux de pluie ou d’arrosage.

Il faut changer l’eau et nettoyer l’intérieur des récipients à l’aide d’une brosse pour décoller les œufs une fois par semaine: cela suffit pour empêcher le développement du moustique.

En cas d’utilisation de récipients plus imposants (citernes pour des besoins domestiques ou professionnels, arrosage des fleurs par exemple), pour empêcher les femelles moustiques de venir pondre sur l’eau, il est nécessaire de les recouvrir avec un couvercle hermétique ou une moustiquaire. Les contenants doivent être nettoyés avant de les ranger pour l’hiver.

Comment faire pour l’arrosage des plantes en pots ?
Remplacer l’eau des coupelles des pots de fleurs par du sable humide est une solution permettant d’entretenir les végétaux sans offrir de gîte au moustique tigre.

Chikungunya, Dengue et Zika : maladies transmissibles par le moustique tigre

Que sont la dengue, le chikungunya, le zika ?
Dengue, chikungunya et zika sont des maladies infectieuses dues à un arbovirus, c'est-à-dire un virus transmis par un arthropode (insectes, araignées, …) appelé vecteur. En France métropolitaine, ce vecteur est Aedes albopictus, également appelé moustique tigre.

Quels en sont les symptômes ?
Pour la dengue : après une incubation de 5 à 7 jours, une forte fièvre apparait brutalement accompagnée de maux de tête, de douleurs musculo-articulaires (sensation de courbatures intenses), de douleurs au niveau des globes oculaires et d’une fatigue générale. Dans de rares cas, elle peut évoluer en formes sévères et hémorragiques. La guérison s’accompagne d’une convalescence d’une quinzaine de jours. L’immunité acquise est durable.

Pour le chikungunya : après une incubation de 4 à 7 jours en moyenne, une fièvre élevée (supérieure à 38.5 °C) apparait brutalement, accompagnée de maux de tête, de courbatures et/ou de douleurs articulaires qui peuvent être intenses. Pendant la convalescence qui peut durer plusieurs semaines, la fatigue peut rester importante. L’immunité acquise est durable.

Dans les deux cas, le diagnostic est confirmé par une prise de sang.

Pour le zika, les symptômes se caractérisent par une éruption cutanée avec ou sans fièvre à laquelle s’ajoute : fatigue, douleurs musculaires et articulaires, conjonctivite, maux de tête et douleurs rétro-orbitaires. La maladie est résolue spontanément après 4 à 7 jours. 80 % des malades ne présentent pas de symptôme apparent.

Des complications peuvent apparaître : syndrome de Guillain-Barré et des cas de microcéphalies fœtales ou néonatales.

Peut-on attraper la dengue, le chikungunya ou le zika en France métropolitaine ?
Les  virus de la dengue, du chikungunya et du zika  circulent de façon endémique (c’est-à-dire de façon permanente) dans les régions subtropicales du monde y compris dans les départements français d’outre mer.

En raison des nombreux mouvements de population (tourisme, commerce, ...), le risque d’introduction de ces virus en France métropolitaine existe car le moustique tigre est désormais implanté et actif dans 30 départements métropolitains. Ce risque est essentiellement lié à l’arrivée sur le territoire de personnes infectées.

Durant la première semaine de maladie (quand le virus est présent dans le sang), ces personnes peuvent être piquées par un moustique tigre  qui transmettra le virus à une personne saine, à l’occasion d’une autre piqûre.

Qu’est-ce qu’un cas suspect "importé" de dengue, de chikungunya ou de zika ?
Lorsqu’un patient a séjourné dans une zone à l’étranger où le virus circule et s’il présente à son retour de voyage des symptômes en lien avec ces maladies, c’est un cas suspect « importé » : des analyses de sang sont alors prescrites pour confirmer ou infirmer le diagnostic.

Quels sont les traitements médicaux de ces maladies ?
Pour ces 3 maladies, il n’existe pas de traitement antiviral spécifique, ni de vaccin. Le traitement est symptomatique (contre la fièvre et les douleurs).

Quels sont les modes de transmission de ces maladies ?
Il n’y a pas de transmission directe de personne à personne pour la dengue et le chikungunya. La transmission s’effectue via le moustique tigre dès lors que celui-ci a piqué, au préalable, une personne déjà infectée revenant de voyage en zone infestée.

Pour le zika, une transmission par voie sexuelle est possible dans de rares cas : renseignez-vous auprès de votre médecin, ainsi qu’en cas de grossesse.

Dengue, chikungunya et zika sont-elles des maladies mortelles ?

Ces maladies sont le plus souvent bénignes. Cependant dans de rares cas, elles peuvent être graves pour des personnes particulièrement vulnérables (jeunes enfants, personnes âgées, personnes atteintes de pathologies).

Qu’est-ce qu’un cas suspect « autochtone » de dengue, de chikungunya ou de zika ?
Lorsqu’un patient, alors qu’il n’a pas voyagé dans une zone où sévit le virus, présente des signes liés à ces pathologies et qu’il évolue dans un périmètre proche d’un cas confirmé de dengue, de chikungunya ou de zika, le médecin peut suspecter un cas « autochtone » transmis sur place par un moustique tigre.

Des analyses de sang sont prescrites afin de confirmer ou d’infirmer le diagnostic.

Peut-on attraper la dengue, le chikungunya ou le zika sans présenter de symptômes ?
Oui, on peut contracter la dengue, le chikungunya et le zika sans présenter de symptômes. C’est pourquoi il est important de se protéger des piqûres de moustiques pendant les 7 jours qui suivent le retour d’un séjour dans une zone d’endémie, même si on n’est pas malade !

Quel est l’objectif du plan anti-dissémination du chikungunya, de la dengue et du zika en métropole ?

L’objectif de ce plan est :
  • la surveillance entomologique ou surveillance de l’expansion du moustique tigre,
  • la surveillance épidémiologique des malades avec engagement de mesures de lutte anti-vectorielle curatives si nécessaire,
  • la communication sur la mise en œuvre des mesures de lutte anti-vectorielles préventives (bons gestes).

Peut­-on se débarrasser définitivement des moustiques adultes ?
Non : l’usage d’insecticides chimiques contre les moustiques est nuisible pour l’environnement car ces produits ne sont pas sélectifs et tuent également d’autres insectes et sont toxiques pour les animaux à sang froid. Par ailleurs, l’effet est limité dans le temps. La recolonisation du milieu est rapide. Tuer les adultes sans éliminer les larves ne sert à rien, si ce n’est à polluer la nature. La lutte anti­larvaire est la méthode la plus rationnelle.